Cet article, rédigé par Esther Mc Sween-Cadieux, Christian Dagenais, Paul-André Somé et Valéry Ridde, a été publié le 2 juin 2017 dans le Volume 15, numéro 1 du Health Research Policy and Systems Journal. Il présente les observations et les implications d’un atelier tenu au Burkina Faso et ses effets sur l’utilisation des résultats de la recherche et les processus qui ont facilité ou non l’application des connaissances transmises.

 

Résumé:

Contexte: au Burkina Faso, le paludisme reste la principale cause de l’utilisation des soins de santé, de la morbidité et de la mortalité infantile. Par conséquent, des efforts sont nécessaires pour soutenir le transfert de connaissances et l’application des résultats de nombreuses études pour mieux formuler et mettre en œuvre des programmes dans la lutte contre la pandémie du paludisme. À cette fin, un atelier de diffusion de 2 jours a été organisé pour partager les résultats les plus récents produits par une équipe de recherche multidisciplinaire. L’objectif de la présente étude était d’évaluer l’atelier et les mémoires politiques distribués, les effets produits sur l’utilisation des résultats de la recherche et les processus qui ont facilité ou non l’application des connaissances transmises.

Méthodes: une conception de méthodes mixtes a été utilisée. Les données proviennent d’un questionnaire d’évaluation quantitatif complété après l’atelier (n = 25/31) et des entretiens qualitatifs menés avec les chercheurs et les différents acteurs qui ont assisté à l’atelier (n = 11) et avec les participants aux groupes de travail (n = 40) qui ont ensuite analysé les mémoires politiques distribués à l’atelier.

Résultats: les participants ont reconnu la qualité des résultats de la recherche présentés, mais ont estimé qu’il fallait faire davantage pour adapter la langue des chercheurs et améliorer le fonctionnement de l’atelier. Les effets potentiels de l’atelier étaient plutôt limités. Les effets étaient principalement à deux niveaux: individuel (par exemple, acquisition de nouvelles connaissances, sensibilisation personnelle) et local (par exemple, changement de pratique dans une organisation non gouvernementale locale). La plupart des participants ont perçu l’utilité des résultats de la recherche, mais plusieurs ont indiqué que leur pouvoir de décision étroit limitait leur capacité à appliquer ces connaissances.

Conclusions: Cette étude a montré l’importance des ateliers pour informer les acteurs clés des résultats de la recherche et la nécessité d’entreprendre plusieurs activités différentes pour augmenter les chances que les connaissances soient appliquées. Plusieurs recommandations sont proposées pour améliorer les approches de traduction des connaissances dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest, y compris l’organisation de groupes de travail et de discussion, l’élaboration d’un plan d’action à la fin de l’atelier et l’assistance aux participants après l’atelier, entre autres.

 

 

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